Sachez d’abord qu’une saison de chasse ne commence pas à la date de l’ouverture; une chasse est la récompense d’une année de travail et de sacrifices. Il faut agir en gestionnaire c’est à dire atteindre un objectif (le maintient du nombre de reproducteurs pour chaque espièces de gibiers) et cela demande bien du temps et un tas de connaissances. Je tâcherai d’être assez clair afin que le monde me comprenne.

Il me faut donner tout d’abord un conseil qui vaut ce qu’il vaut aux chasseurs qui reçoivent, que quelques jours ou semaines avant l’ouverture, des terres qui n’ont pas été chassées depuis des décennies. Pendant la première année de chasse ne prélevez que peu de gibiers car vous ne savez pas ce que ces terrains valent ni la quantité de gibiers qu’ils contiennent. Mais l’année après, si vous suivez les recommandations suivantes; vous saurez! Et si vous vous comportez en bon gestionnaire vous serez récompensés et bon nombre de chasseurs vous envieront votre chase.

Sachez qu’une chasse est difficile à gérer surtout si celle-ci est entrecoupée de parcelles de terre dont le droit de chasser est privé; en général ceux qui le possèdent, récoltent une partie du travail que vous aurez accompli. Alors, allez au devant d’eux et proposez leur une contrepartie mais restez très diplomate.

Certains retiendront le début de l’année; c’est trop tard. D’autres préféront la date de fermeture de la saison en cours; c’est encore trop tard. Pour mon compte, je vous proposerai la date de fermeture de la chasse aux lièvres puisque celle du perdreau sera également terminée.

Dès les jours suivants, les Présidents, secrétaires et/ou les propriétaires de droits de chasser dresseront le tableau de l’année écoulée. Celui comportera le total de gibiers prélevés en tenant compte du nombre de hases par rapport aux mâles, le nombre de perdreaux et de faisans si votre territoire en abrite; (là aussi il faudra différencier le nombre de poules et de coqs).

Une fois vos comptes établis, il vous faudra calculer le nombre de reproducteurs à acheter afin de reconstituer votre cheptel puis à les lâcher dans la nature tout en choisissant les endroits et en plus pensez à créer une réserve ou envisagez de l’aggrandir si le besoin s’en fait sentir suivant les résultats du total d’animaux que vous venez de prélever. Si la chasse n’a pas donné le résultat que vous escomptiez c’est qu’il y a une raison: soit que le nombre de prédateurs est trop élevé ou encore que votre territoire n’est pas aménagé. à ces questions, deux réponses. La première, le piégeage; la seconde, en plus d’une réserve il vous faudra planter des haies, des ronceraies pour abriter votre faune etc......
Sachez tout d’abord qu’un reproducteur coûte très cher; c’est le prix à payer si on veut un bon territoire de chasse. Veillez à ce que le numéro d’agrémentation de l’éleveur soit indiqué sur votre facture ainsi que les numéros des bagues que les reproducteurs porteront. Pour un suivi de vos lâchers n’oubliez pas de communiquer ces numéros aux responsables des chasses environnantes; ainsi ils pourront vous tenir au courant si l’un de vos gibiers remis a été tué dans leur secteur. Cela doit vous permettre de mieux suivre votre gestion. Le plus difficile est de trouver un éleveur qui puisse vous certifier qu’il vous vend bien des reproducteurs tout gibier confondu; il faut tenir compte aussi du trajet que doivent subir vos achats donc on optera pour un établissement le plus proche pour que vous puissiez prendre en compte le transport car on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Les lièvres devront être placés, à l’achat dans des cages isolées les unes par rapport aux autres. Elles seront munies d’une porte coulissante afin que le lâcher soit réussi. On remettra les lièvres très top le matin (lorsqu’il fera encore nuit) et si possible avant les grands froids afin qu’ils puissent s’acclimater et connaître leur territoire avant le début du “bouquinnage” qui a lieu en février. Pour info, ne jamais faire un lâcher pendant l’hiver; si on ne peut pas le faire avant, on attendra le radoucissement des températures printanières mais vous aurez manqué une reproduction.

Un seul lièvre sera remis par secteur et loin des voies de circulation puis sera libéré de sa cage sans l’aide de personne car cela provoquerait une instabilité dans son comportement. Le lièvre étant polygame on compte 4 hases pour 1 bouquin (autre non donné aux mâles) mais optez plutôt pour un rapport de 5 à 6 pour 1. Au préalable, vous aurez déposé ici et là des petits tas de choux, de betterave et de fourrage.