Dans notre département, les grands gibiers sont les chevreuils et les sangliers; le plus grand nombre se trouve dans les grandes forêts mais du fait de leur bonne production, le chevreuil conquiert de nouveau espaces et n’hésite pas à gagner nos plaines. Le sanglier en nombre évolutif en fait de même et gagne des terres qui , jusque là, n’en n’abritaient pas.

Le chevreuil est de la famille des cervidés; ce n’est pas le un grand donc il est classé petit de part sa taille et de son poids. La longueur de son corps dépasse rarement 1,20 m et la hauteur au garrot 70 cm. Son poids adulte est de 20 à 35 kg pour le mâle mais celui de la chevrette qui est légèrement plus petite, est inférieur de 2 à 3 kg.
Comment l’appelle-t-on? Jusque l’âge de 6 mois, les petits sont appelés faons tout comme la progéniture de tous les cervidés. Entre 6 et 12 mois, il devient “chevrillard”, sans distinction de sexe. Âgé d’un an, le mâle est un brocard alors que la femelle est une chevrette.
Son pelage: Le faon a un poil roux mêlé de blanc et de jaune (on le dit alors qu’il est en “livrée”). Après la mue de mi-avril et mi-mai, l’adulte devient roux (son pelage d’été qu’il perdra durant la mue d’automne en septembre; l’hiver, il devient gris et parfois noir. On peut observer une tache claire (jaune l’été et blanche en hiver); on lui donne le nom de miroir et sur certains animaux, on peut distinguer, sur le devant du cou, une tache claire appelée serviette.

Où le rencontre-t-on? Le chevreuil adore les territoires variés, boisés, riches en couverts bas où il aime se cacher avec des préférences pour les taillis et les ronceraies en alternance avec des futaies ou des zones cultivées. Il fait preuve d’une réelle adaptation et puisque leur nombre est constamment en augmentation, il arrive très souvent de le rencontrer en plaine.
Son alimentation: C’est un herbivore qui apprécie les végétaux ligneux tendres (jeunes pousses d’arbres) et les semi-ligneux comme la ronce, le lierre, l’airelle, la myrtille, les framboisiers sauvages etc... Il broute aussi l’herbe et divers végétaux. S’attaquant surtout à l’extrimité des pousses, il cause de gros dégâts sylvicoles en cas de surpopulation. Ceux-ci sont accrus par le “frottis” résultant du frottement de ses bois sur les jeunes bois pour se débarrasser du velours.

Mâle ou femelle: La distinction entre les femelles et les mâles est facile à faire quand les seconds portent leurs bois. Entre temps, c’est l’arrière train qui permet de les distinguer. Mâles et femelles portent tous deux une tache fessière claire appelée miroir: elle est en forme de coeur chez la chevrette car elle se prolonge dans l’entrecuisse pour former un pinceau protégeant son sexe. Le mâle en est privé, d’où le contour ovale de cette tache qui est alors en forme de rein. Comme chez beaucoup d’animaux, la silhouette de la femelle est plus gracieuse et élancée; le coup plus fin et la croupe plus accentuée. La tête du mâle est bien campée sur son coup plus épais et est plus massif.
La reproduction: La période du rut se situe vers la mi-juillet et la mi-août; on peut apercevoir les brocards se livraient à des joutes d’intimidation afin de séduire les femelles. Le mâle est polygame et couvre plusieurs chevrettes dont la période de chaleur est très courte (2 à 3 jours). L’ovule fécondé atteindra l’utérus qu’en décembre; la gestation active ne commence qu’en janvier; elle est particulièrement longue puisque s’écoule une dizaine de mois entre l’accouplement et la naissance. Les chevrettes sont capables de reproduire dès leur deuxième année et peut donner naissance à 1, 2 faons (voire exceptionnellement 3). Les jeunes peuvent rester 1 ou 2 ans avec leur mère.
Les faons: Lorsque la femelle fuit le danger, le faon ne l’accompagne pas toujours; son instinct le pousse à se dissimuler et il se couche en rond dans les hautes herbes. Dans l’ignorance de ce comportement bien de promeneurs identifient la solitude du faon avec abandon alors qu’il n’en est rien. Le danger passé, la chevrette revient ou rappelle son petit qui, alors, repart avec elle.
Conseil: Lorsque vous trouvez un faon isolé, ne le touchez pas; abstenez- vous de le caresser car vous lui communiquerez l’odeur de l’homme et sa mère le rejetterait irrémédiablement le condamnant à une mort certaine et rapide.